les caméras d'aquariotv se sont déplacées au congrès annuel de la CIL ( communauté Internationale des labyrinthides ) où ce reportage vous fait rentrer au coeur de la selection des plus beaux bettas de concours.
les représentants de la CIL vous commentent les coulisses du concours et les travaux de juges. une video à découvrir qui intéressera tous ceux qui ont l'ambition de présenter un jour leurs plus beaux specimens. Vous rentrerez au coeur des coulisses du travail de cotation des juges. un document rare ...
Il existe un poisson que certains cichlidophiles maintiennent, mais les écrits sont rares. Il s’agit de Gephyrochromis lawsi que j’ai la chance d’observer depuis 3 ans
Dans la grande diversité des espèces du lac Malawi et plus particulièrement celui des M’bunas, il existe un poisson que certains cichlidophiles maintiennent, mais les écrits sont rares. Il s’agit de Gephyrochromis lawsi que j’ai la chance d’observer depuis 3 ans.
Gephyrochromis lawsi a été décrit par Fryer en 1957, on peut le trouver dans la partie nord du lac Malawi (Lion’s cove, Nkhata bay, Chiwindi, et a été observé à Liuli et Mbamba Bay island). Il demeure à une profondeur de 5 à 20 mètres, dans des zones intermédiaires riches de sédiments, à proximité de côtes raides et rocheuses finissant sur le sable. Il vit seul ou en petits groupes, la densité de population est plus faible dans les profondeurs.
Ce M’bunas se différencie par une dentition particulière, dont Ad Konings nous fait part dans CichildNews d’avril 2007 (traduit en février 2009 dans la Revue Française des Cichlidophiles).
Je ne reviendrai donc pas sur ce point, mais je vais plutôt essayer de vous faire partager mon expérience : ce poisson a le mérite de s’associer avec beaucoup de M’bunas et d’Haplos
Ma première rencontre, avec Gephyrochromis lawsi, se fit dans les locaux du club Aquamassena à Paris. J’ai, pu observer un groupe dans un 600 litres et je fus séduit par leurs comportements. J’ai donc fait l’acquisition d’un groupe de 5 juvéniles (non sexables), que j’ai ramené à la maison.
Dans un premier temps, je les ai placés dans un bac de 120 litres pour qu’ils grossissent un peu. Ils y sont restés 2 mois avant de rejoindre mon bac de 400 litres ou vivent principalement des haplos.
Le mâle dominant a révélé ses couleurs à la taille de 5/6cm. La couleur principale de ce poisson est bleu pastel à violet (selon son humeur) et recouvre la totalité de ses flancs ainsi que la tête. Une bande jaune part du front jusqu'à la nageoire caudale en suivant la ligne latérale et peut s’estomper en cas de stress.
La nageoire dorsale est totalement jaune, contrairement à la caudale qui a des reflets bleutés et un liseré noir dans la partie inférieure.
L’anale est quant à elle blanche, soulignée d’un liseré noir avec 1 ocelle jaune. Les pelviennes sont jaunes soulignées d’un liseré noir puis d’un liseré blanc.
Les femelles sont beaucoup plus ternes. Leurs nageoires ont les mêmes caractéristiques que les mâles mais le bleu et le jaune qui recouvrent le corps disparaissent pour laisser place à un gris argenté.
La maintenance en aquarium se passe très bien avec des haplos car ce poisson n’est pas territorial ou agressif. Les seules poursuites que j’ai pu observer étaient entre mâles, pour obtenir la dominance et ainsi régner en maitre sur les femelles.
Il vit dans mes bacs avec Labidochromis caeruleus Nkhata Bay, Copadichromis borleyi Kadongo, Placidochromis sp. "phenochilus Tanzania", Lichnochromis acuticeps, Melanochromis johannii gome, Protomelas taeniolatus Namalenje, Aulonocara baenschi benga, Aulonocara blue neon Undu Reef, Cynotilapia afra cobue et Protomelas steveni Taiwan Reef. À la vue de la diversité de cohabitation, je pense qu’il peut s’associer avec bien d’autres espèces encore.
Au début j’ai maintenu ce poisson en petit banc et par la suite j’ai séparé mon groupe en deux.
D’après mes observations, les deux configurations sont possibles et ne gênent absolument pas les poissons. Pour un groupe de 3 individus, je vous recommande tout de même de mettre 1 mâle pour 2 femelles afin d’obtenir de plus jolies couleurs. Le fait de mettre 2 mâles et 1 femelle est faisable également, mais le mâle dominé sera gris/noir.
Les femelles sont plutôt solitaires et ne s’occupent pas beaucoup de ce qui se passe autour d’elles, à l’inverse des mâles qui ne pensent qu’à parader.
Vu la taille adulte d’environ 12cm pour les mâles et 8 cm pour les femelles, un bac de 120 cm de long et 250 litres me parait être un minimum pour cette espèce qui nage beaucoup en pleine eau, à la recherche de nourriture, son passe-temps favori. Ils n’ont pas besoin d'un décor rocheux important comme d’autres m’bunas mais quelques pierres bien disposées dans l’aquarium permettent aux femelles en incubation, ou à un mâle dominé, de trouver un refuge. L’un de mes bacs est planté de quelques Cryptocoryne aponogétifolia et les femelles en incubation préfèrent se cacher dans les feuilles plutôt que dans les roches.
Avec d'autres m’bunas, le bac devra être plus grand avec au moins 150cm de long, car même si Gephyrochromis lawsi, n’est pas territorial, il lui faut un grand espace de nage pour être à l’aise.
Les paramètres de l’eau devront avoisiner les 25°C, avec un PH compris entre 7.5 et 8.5, ainsi qu’une dureté entre10 °d GH et 20°d GH.
Dans le lac, Gephyrochromis lawsi s’alimente de petits invertébrés et crustacés vivant dans le sable. Il les capture en écopant le sable vers le haut puis en le filtrant à l'aide de ses ouïes. Il est également possible qu'il s’alimente en raclant les aufwuchs. En aquarium, il accepte une nourriture variée et en quantité si vous avez la main lourde. Il faut donc faire attention à bien doser ce qu’il mange pour éviter une suralimentation. Pour ma part, j’alterne entre des artémias ou préparation congelée et des paillettes et granulés du commerce.
Quand ce poisson est bien alimenté, il se reproduit à tout moment, n'importe où, dans n'importe quelle condition. Cela en est même déroutant de voir 2 à 3 femelles en incubation en même temps. Quand le mâle a décidé de se reproduire, il ne le fait pas seulement avec une femelle : dès qu’une femelle est fécondée, il s’empresse dans attirer une autre. J’ai récemment isolé 3 individus dans un bac de 250 litres sans décor, et, le lendemain un mâle avait pris ses couleurs de dominant puis trois jours après, la plus grosse des femelles était en incubation.
C'est un incubateur buccal maternel, reproduction classique en T. J’ai pu étudier, dans mon bac, que le mâle attire la femelle dans un petit cratère qu’il a creusé sommairement dans un coin de l’aquarium, le long des vitres. La femelle y pond les œufs les prend en bouche, puis le mâle les féconde. Une fois le frai terminé, la femelle se retire dans un endroit abrité. Le lâché des alevins a lieu au bout de 21 jours, parfois un peu plus, la femelle ne s'alimentera donc pas durant cette période. Chez moi, la femelle peut incuber jusqu'à 30/40 œufs (le record étant de 48 petits) et les alevins font de 5mm à 8mm lors du lâché.
Le Gephyrochromis lawsi est occasionnellement disponible dans des magasins spécialisés, mais il sera peu être plus facile de se fournir auprès d'amateurs de cichlidés. De belles couleurs et un comportement doux font de Gephyrochromis lawsi un poisson idéal dans un aquarium du Malawi.
s'il y a des éleveurs de ce poisson qu'ils se fassent connaitre dans la rubrique commentaire ci-dessous