les caméras d'aquariotv se sont déplacées au congrès annuel de la CIL ( communauté Internationale des labyrinthides ) où ce reportage vous fait rentrer au coeur de la selection des plus beaux bettas de concours.
les représentants de la CIL vous commentent les coulisses du concours et les travaux de juges. une video à découvrir qui intéressera tous ceux qui ont l'ambition de présenter un jour leurs plus beaux specimens. Vous rentrerez au coeur des coulisses du travail de cotation des juges. un document rare ...
L’hiver dernier a été assez rigoureux et certains de nos adhérents ont perdu des Koï, avec des bassins descendant en dessous de 4°C. L’installation d’un système de chauffage, notamment pour ceux qui possèdent un bassin trop peu profond permettrait d’éviter ce genre de désagrément.
Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de chauffer le plan d’eau en permanence mais de contrôler la température minimale que l’on souhaite maintenir pendant les périodes les plus froides. D’ailleurs, d’après certaines études scientifiques, il semblerait que les Koï ont besoin de rencontrer une période de froid aux alentours de 6 à 7°C pendant quelques semaines, ceci afin de programmer leur horloge biologique.
Certains s’accordent à penser que des bassins constamment chauffés pourraient présenter des risques au niveau du développement des oeufs et de l’ovogenèse. Le deuxième intérêt de posséder un système de chauffage est celui d’éviter les « effets yoyo » de température à la fin de l’automne et au début du printemps, et par là même de prolonger un peu la durée de la belle saison. Il existe différentes solutions pour chauffer son bassin.
J’ai, quant à moi, installé à la sortie de mon filtre Ultrabead un échangeur thermique de piscine, de marque PSA. L’échangeur est relié à la chaudière à gaz de ma maison par deux tuyaux sertis dans une grosse gaine isolante enterrée, le premier tuyau pour l’arrivée d’eau chaude et le deuxième pour son retour.
C’est comme si j’avais un radiateur supplémentaire. Un circulateur Grundfos fait circuler l’eau chaude depuis la chaudière jusqu’à l’échangeur, à la demande du thermostat et de sa sonde. L’échangeur en lui-même est constitué de deux circuits : le circuit primaire dans lequel passe l’eau chauffée par la chaudière, et le circuit secondaire en diamètre 50 dans lequel passe l’eau du bassin, cela ayant pour effet de la réchauffer.
Ce type de chauffage est assez coûteux à l’achat, un peu compliqué à installer, nécessite l’intervention d’un plombier mais reste relativement bon marché pour ce qui est de la consommation d’énergie, gaz ou fuel. J’avais fait installer cet échangeur thermique de piscine dans les années 2000 car en France, à l’époque, on ne trouvait rien d’autre sur le marché. Il existe de nos jours des modèles similaires pour bassin. Il y a également les systèmes de chauffage électrique spécifiques pour bassin, comme ceux de la marque Elecro.
Plusieurs modèles sont disponibles, de 1 à 8 KW. Ils sont moins onéreux, d’installation très facile. On les place sur le circuit de filtration en diamètre 50, comme pour des UV. Ils sont évidemment gourmands en consommation d’électricité… bonjour la facture ! On peut également trouver des échangeurs thermiques en forme de serpentin à ressort que l’on positionne tout simplement dans l’une des cuves de filtration.
Ces appareils sont également à brancher sur une chaudière domestique, à gaz ou à fuel. Les bons bricoleurs peuvent aussi se confectionner un chauffage avec des résistances électriques (on peut en trouver différents modèles, comme par exemple sur le site www.scientax.com). Evidemment tout cela a un coût.
Une bonne manière de limiter les dépenses liées à cette consommation d’énergie et de ne pas chauffer les petits moineaux, c’est de couvrir la surface du bassin. A éviter, les bâches ou plaques de polystyrène qui flottent sur la surface de l’eau,cela réduit considérablement son échange gazeux oxygène/ dioxyde de carbone. De plus, en cas de gel, elles seront prises dans la glace.
Il est préférable de tendre à 15cm au dessus de la surface de l’eau une bâche à bulle type piscine, ou mieux des panneaux de polycarbonate. Mais il faut prendre soin de laisser une ouverture permettant la ventilation des échanges gazeux et, par la même occasion, la possibilité d’observer ses Koï et de les nourrir. Ceci permet également d’éviter les risques de surchauffe car avec l’effet de serre de la bâche, le soleil peut parfois, même en hiver, augmenter trop brusquement la température sous la bâche. Si vous n’avez la possibilité ni de chauffer ni de bâcher votre bassin, pensez quand même à le protéger des vents froids.
Une exposition abritée peut parfois faire gagner quelques degrés… plantation d’une haie, pose de claustras, abri d’une pergola, etc. Si vous laissez tourner votre filtration pendant l’hiver (ce qui est fortement conseillé) pensez également à l’isoler en confectionnant autour des filtres un habillage en bois ou en parpaing dans lequel vous pourrez placer des matériaux isolants.
Couvrez-les avec un caillebotis ou autre. Protégez également toute tuyauterie extérieure en l’entourant d’un matériau isolant. Tant qu’on est dans la filtration, remontez la pompe immergée à mi-hauteur du bassin afin de garder une nappe relativement tempérée au fond du bassin où les Koï pourront aller se blottir. Pour la même raison, si vous possédez une bonde de fond, fermez sa vanne à guillotine et faites arriver l’eau du bassin dans votre filtre par une traversée de paroi située à mi-hauteur. Il est judicieux aussi de ralentir le débit de votre filtration durant cette période, cela limitera le brassage de l’eau et donc le refroidissement.
Pour le nourrissage hivernal, vous avez le choix entre des aliments flottants ou coulants. Ces derniers conviendront mieux aux périodes les plus froides si vous avez aménagé une zone d’eau non brassée, plus tempérée, au fond du bassin.
Les Koï dépenseront moins d’énergie pour la quête de leur nourriture. Les aliments pour esturgeons, par exemple, sont bien adaptés. Quand les températures sont moins critiques, certains Koi-keepers préfèrent distribuer des granulés flottants. L’avantage est que l’on peut mieux visualiser la quantité absorbée par les Koï et, ultérieurement, ôter facilement à l’épuisette le surplus non consommé afin d’éviter un surcroît de pollution.
Mais la question qui vient à l’esprit quand l’hiver s’installe est : dois-je continuer à alimenter mes Koï durant toute la saison froide ? Les avis des spécialistes divergent à ce sujet. Certains pensent qu’une petite période de jeûne durant les périodes les plus froides n’est pas néfaste, et qu’un provisoire repos métabolique de quelques semaines est même conseillé. D’autres préconisent de continuer à alimenter jusqu’à 6° de façon très modérée. Il est vrai que pendant longtemps, il a été déconseillé de nourrir ses Koï quand la température de l’eau descendait au-dessous de 10°C. L’une des principales raisons invoquées était que ces basses températures empêchaient la digestion des aliments par les Koï. Or les carpes, dans leur milieu naturel, continuent bien de s’alimenter l’hiver.
En effet, il s’avère que ces poissons sont armés pour lutter contre les caprices du temps et des températures. Ils possèdent différents enzymes digestifs qui peuvent fonctionner dans une large gamme de températures, contrairement à nous autres humains dont les enzymes digestifs ne sont opérationnels qu’aux alentours de 37°C. Mais attention cependant, il y a une différence importante entre un milieu aquatique naturel et un bassin à Koï : le premier possède un gros volume d’eau et le second un système de filtration ainsi qu’un stock de poissons important. Les bactéries de nos filtres, de moins en moins actives au fur et à mesure que les températures baissent, perdent en efficacité dans leur rôle de transformation de l’ammoniaque et des nitrites.
Si vous donnez à manger à vos poissons entre 10 et 6°C, faites-le avec grande parcimonie. Il est difficile d’évaluer la quantité raisonnable que l’on peut distribuer à nos Koï à ces niveaux de température de l’eau et par prudence, il est conseillé d’effectuer régulièrement des mesures de paramètres de l’eau (ammoniaque et nitrite) afin de contrôler si on n’a pas été un peu trop généreux dans notre distribution. Car si les carpes sont capables de tolérer des températures assez basses et de jeûner provisoirement, en revanche, elles supporteront beaucoup moins bien une mauvaise qualité de l’eau. Ammoniaque et nitrite durant l’hiver sont la garantie d’avoir des Koï malades au début du printemps, ou même avant ! A noter que l’on peut maintenant trouver dans le commerce des bactéries pour filtration qui sont censées se développer à basse température.
J’ai eu l’occasion d’en tester en février dernier lors d’une légère montée de nitrites due à un excès de nourriture distribuée. Je me garderai de toute conclusion hâtive mais toujours est-il que dans une eau à 8°C, dix jours après l’application de ces bactéries dans le filtre, mes paramètres étaient redevenus corrects.Pour en terminer avec la question de l’alimentation hivernale,je me souviens avoir lu, dans un magazine anglais, un article à ce sujet qui s’achevait en préconisant la philosophie suivante : « Faisons confiance à nos Koï, elles savent sûrement mieux que nous ce qui convient à leur métabolisme, en fonction de l’environnement que nous leur aurons créé. Après tout, les carpes ont expérimenté, apparemment sans trop de difficultés, nombre de variations climatiques depuis des centaines d’années.
Donc… Stop feeding when the Koi stop eating (arrêtez de nourrir quand les Koï arrêtent de manger) ». Une bonne manière de préparer vos Koï à bien passer l’hiver reste néanmoins de leur permettre de stocker des réserves en leur servant une nourriture de qualité, riche en protéines et matières grasses, pendant tout l’été et l’automne, avec en complément quelques cocons de vers à soie, friandise très appréciée !
Il reste à préciser, mais est-il encore nécessaire de le rappeler, qu’il est sage de réaliser à la fin de l’automne un sérieux nettoyage du fond de votre bassin afin d’éviter toute décomposition de feuilles mortes et autres débris végétaux pendant l’hiver.