L'installation et le suivi d'un bac d'eau noire pour Parosphromenus spp.
Le but de l'auteur n'est pas de reprendre la problématique de Peter Finke, animateur du groupe "Paro" de l'IGL dans Der Makropode ( Juli-August 2006), mais bien de relater son expérience pour atteindre les paramètres nécessaires à la maintenance et la reproduction des Parosphromenus. Ces derniers, valables également pour les Betta du complexe Coccina, peuvent être résumés ainsi: ph compris entre 4 et 5, et dûreté proche de zéro, soit un milieu "extrème".
Mesure et gestion des paramètres de l'eau.
Il s'avère que pour mesurer les paramètres d'une eau aussi peu minéralisée, conductimètres et ph-mètres sont à préférer aux bandelettes et réactifs, pour leur précision et leur facilité d'utilisation.
La conductivité est dans ce type de bac plus importante que la dûreté, puisque certaines substances chimiques induisent la présence d'ions influançant la première, mais pas la seconde. Or la conductivité pour les espèces qui nous intéressent, doit impérativement se situer en dessous de 80µs. Dans ces conditions, l'usage d'un osmoseur est indispensable, et les changements d'eau doivent intervenir au moins tous les quinze jours pour éviter toute dégradation excessive des paramètres, ces derniers, devant être vérifiés tous les deux jours, ayant systématiquement tendance à remonter.
L'eau osmosée peut être préparée par macération avec des feuilles de chêne et des fruits d'aulne, mais le résultat sera bien meilleur par l'addition d'un produit tel que "PH-minus" de chez JBL (extrait de chêne concentré+acides chimiques).
Les changements d'eau pourront être de 10 à 30% du volume du bac selon l'évolution des paramètres.
Le décor
Feuilles de chêne, de catappa, fruits d'aulnes, et tourbe filamenteuse assureront décor, agent colorant de l'eau (les parosphromenus se plaisent dans une certaine obscurité), et stabilisateur de ph. La décomposition des feuilles se trouve considérablement ralentie par la faible activité bactérienne d'un tel milieu. Une feuille de cattappa, 10 à 20 feuilles de chêne, 4/5 fruits d'aulne, et quelques morceaux de tourbe renouvelés une à deux fois par an, sont suffisants pour un bac de 20L. On peut aussi utiliser des coquilles de noix de coco, ainsi que des racines de tourbière. Sables et graviers sont quant à eux à proscrire, dans la mesure où l'on n'est jamais vraiment sûr de leur neutralité.
La végétation
Mousse de java, Microsorum pteropus, Ceratopteris sp prolifèrent dans de tels bacs malgré leurs conditions extrèmes. Les lentilles d'eau quant à elles sont à éviter, car elles ne supportent pas des périodes prolongées à un ph en dessous de 5, elles finissent par dépérir et polluer le bac.
Le marériel
Les Parosphromenus n'ont pas besoin de beaucoup d'espace, un bac de 30X25 avec une hauteur de 30 rempli au 2/3 leur suffit: on peut les qualifier de "micro-territoriaux". Un bac plus grand ne devient utile que lorsqu'il est envahi d'alevins et de juvéniles, car même si les parents ne mangent pas leur descendance, les jeunes semblent se nourrir de leurs cadets.
Il est à noter que même si les femelles vivent plusieurs années, elle doivent avoir un nombre limité de pontes, d'où la nécessité d'isoler régulièrement le couple reproducteur, ainsi que les jeunes afin de former de nouveaux couples qui assureront la pérénité de la souche.
L'utilisation d'un filtre (d'angle avec le débit d'air réglé au minimum) n'est pas indispensable, mais peut permettre d'éviter la prolifération de certaines algues, et d'homogénéiser le ph de l'eau en évitant la création de "poches" d'eau aux paramètres différents.
Pour lire l'article en entier, veuillez vous reporter au numéro 02/09 du Macropode.
Article de Hugues Van Besien,
librement résumé par Emmanuel Quénu de la
CIL IBSC