S’il y a un sujet qui est sous-estimé quand on parle de bassin à Koï, c’est bien celui de l’aération. Tout le monde est bien conscient qu’il faut contrôler régulièrement PH, ammoniaque, nitrites, que c’est vital pour le bien-être de nos poissons. Fort bien, mais l’accent n’est pas suffisamment mis sur cet élément clef l’équilibre : l’oxygène.
D’ailleurs, franchement… combien d’entre nous mesurent le taux d’oxygène ? Et pourtant, s’il vient à manquer, bonjour les dégâts ! Le résultat sera bien plus dramatique et immédiat qu’un pic provisoire d’ammoniaque : notre cheptel de Koï risque de se retrouver le ventre en l’air, à la surface, un beau jour de canicule par temps orageux…
Et les plus gros en premier, puisque ce sont eux qui ont les plus grands besoins en oxygène. En effet, les poissons, comme la plupart des êtres vivants, ont besoin d’oxygène pour leurs fonctions vitales. Le problème c’est qu’il y a beaucoup moins d’oxygène dans l’eau que dans l’air, et de plus le taux d’oxygène n’est pas du tout stable dans l’eau. Plusieurs facteurs influent sur le pourcentage d’oxygène retenu dans l’eau et sont donc susceptibles de provoquer sa baisse :
- La température : plus l’eau devient chaude, plus le taux de saturation en oxygène y devient faible (la
saturation en oxygène est le montant maximum d’oxygène que l’eau peut contenir).
- Les basses pressions atmosphériques : en période orageuse par exemple, le pourcentage d’oxygène dissous peut chuter drastiquement.
- La hauteur au-dessus du niveau de la mer : plus le bassin se trouve en altitude, plus l’eau a du mal à se saturer en oxygène.
Non seulement une eau chaude a des difficultés à absorber l’oxygène mais elle a les mêmes difficultés à le retenir, cet oxygène se dissipe plus vite. Par exemple, à 5°C le taux de saturation de l’oxygène dans l’eau est de 12 mg/litre. Quand on atteint 30°C, cette solubilité n’est plus que de 7,6 mg/l. Sachant que pour le bien-être d’un Koï le taux d’oxygène dissous doit être au minimum de 5 à 6 mg/l, on comprendra aisément qu’à la belle saison, il soit conseillé d’apporter un système d’aération à son bassin, a fortiori si l’on a une importante population de Koï de grandes dimensions. Car il ne faut pas oublier que les Koï ne sont pas les seuls à consommer de l’oxygène dans le bassin … les bactéries aérobies du filtre bio en sont de grandes consommatrices, d’autant plus que les températures s’élevant, les Koï sont plus actifs et mangent beaucoup plus. De ce fait, le besoin en oxygène (du filtre et des poissons) augmente. Et n’oublions pas non plus que les algues et les plantes aquatiques consomment également de l’oxygène pendant la sont, à mon avis, qu’un mythe… avec la photosynthèse, elles font comme les autres : même si elles fabriquent un peu plus d’oxygène en journée, elles consomment la nuit leur quota d’oxygène. Et enfin pour terminer, il y a aussi toutes les matières organiques qui, en se dégradant, consomment de l’oxygène lors du processus de décomposition (bactéries hétérotrophes). Mais alors pourquoi dans la nature, la plupart du temps, les grands plans d’eau ne nécessitent- ils pas d’apport d’oxygène et se suffisent ils à eux mêmes ?