Ces poissons sont rares et peu connus. Réparties sur l'ensemble du continent Africain mais aussi au Moyen-Orient, on compte, en dehors du Lac Malawi, plus de 300 espèces dont la moitié dans le bassin du Lac Victoria. Richement colorées puisqu'on y observe toute la palette de l'arc-en-ciel dans la coloration, ces espèces ont des comportements très intéressants.
Aujourd’hui, le lac Victoria est une surface d’eau impressionnante d’environ 68 800 km2, ce qui le classe au deuxième rang mondial des lacs d’eau douce après le lac Supérieur. Partagé entre l'Ouganda, le Kenya et la Tanzanie, traversé au nord par l’équateur, son diamètre est d'environ 320 km et il est situé à une altitude de 1134 m pour une profondeur moyenne de 40 m avec un maximum de 93 m (contre 1470 m pour le lac Tanganyika). La région du lac est principalement soumise à un climat de type tropical chaud et humide.
Actuellement, les apports en pluie de son bassin versant (1650 mm/an) sont supérieurs à l’évaporation (1580 mm/an). Le bilan propre du lac est donc positif (environ 70 mm/an). Toutefois, cela ne signifie pas que le niveau moyen du lac soit en augmentation, en raison d'une sortie d'eau contrôlée par un barrage situé au nord, à Jinja et du déversoir naturel du lac, le Nil Victoria et les Murchison Falls.
Le cycle complet de renouvellement de la masse d’eau du lac dure environ 30 jours. A titre de comparaison, ceux des lacs Malawi et Tanganyika durent environ 10 ans. Ceci explique, avec la faible profondeur, l’intensité et la rapidité des brassages d'où des eaux très turbides. Cela explique également la richesse et la qualité des eaux du lac Victoria et de son écosystème.
Le lac Victoria présente un faciès variable, à l'instar des lacs Malawi et Tanganyika. On peut établir une différenciation selon deux critères : (i) la profondeur avec quatre zones : littorales soumises aux courants, littorales en zones protégées (baie), sublittoral pélagiques (de pleine eau), sublittoral benthiques (de fond) ; (ii) le substrat avec quatre types : sablo-vaseux, sableux, à papyrus, zones rocheuses.
Bien sûr, pour les zones littorales, ces deux critères se mélangent et la limite entre les différentes zones n'est parfois pas nettement établie. En raison de cette diversité de type d'habitat, les conditions physicochimiques de l'eau varient. Le pH prend des valeurs de 6,0 à 9,0 avec une eau qui est douce (2 à 8 dh). La température de l’eau varie entre 21°C en saison sèche et 27°C en saison humide. La conductivité oscille de 90 à 145 μS. La visibilité est généralement comprise entre 0,5 et 2,5 m mais peut aller jusqu’à 4 m.
Un des exemples les plus spectaculaires de modification des peuplements piscicoles sous l'effet des activités humaines est celui du lac Victoria où des centaines d'espèces endémiques de Cichlidés sont actuellement menacées ou ont disparu. Tout commence au début des années 1960 lorsqu'après de sérieuses controverses, la Perche du Nil (Lates niloticus) fut introduite délibérément dans le lac Victoria pour améliorer la pêche artisanale ou encourager la pêche sportive. Cette espèce prédatrice s'est bien adaptée à son nouveau milieu au point de constituer à l'heure actuelle l'essentiel de la pêche commerciale. En plus du Lates, quatre espèces de tilapias ont également été introduites.
Au début des années 1980, l'alerte a été donnée pour dénoncer les conséquences désastreuses de l'introduction du Lates sur la faune de Cichlidés endémiques. En effet, la population de ce grand prédateur s'était accrue rapidement, au point de faire disparaître les populations d'Haplochromis endémiques qui lui servaient de nourriture. Des pêches expérimentales réalisées entre 1979 et 1990 dans un secteur du lac Victoria (Mwanza Gulf) montrent que sur un total de 123 espèces d'Haplochromis qui avaient été capturées dans un ensemble de stations, 80% avaient disparu des captures après 1986. Mais il est apparu rapidement que l'introduction du Lates n'était peut être pas la seule cause de la disparition des Cichlidés endémiques.
En particulier, les populations de ces espèces avaient déjà été sérieusement perturbées par l'utilisation de techniques de pêche prohibées et par l'introduction de nouveaux engins de pêche comme le chalut. Les résultats d'une campagne d'échantillonnage dans le lac Victoria montrèrent également que les populations de Cichlidés étaient beaucoup plus abondantes et diversifiées dans les zones mises en réserve où la pêche est interdite, ainsi que dans les zones peu peuplées où la pression de pêche est plus faible. Des résultats de pêches expérimentales portant sur la période 1979-1990 dans le Golfe de Mwanza (partie sud du lac Victoria) montrent en outre que le déclin des populations d'Haplochromis a débuté avant l'explosion des populations de Lates.
Les limnologistes se sont également aperçus que le lac Victoria est l'objet d'un impact plus diffus et sur le long terme lié à l'intensification de l'urbanisation et du développement agricole dans le bassin versant. Cela se traduit par un processus d'eutrophisation, c'est-à-dire un accroissement des apports en éléments nutritifs (azote et phosphore) en provenance du bassin versant qui est à l'origine d'une augmentation considérable de la biomasse alguale, celle-ci ayant été multipliée par trois à cinq en l'espace de 30 ans. La production primaire a doublé et la teneur en oxygène des eaux profondes a fortement baissé, avec apparition de phases anoxiques saisonnières en-dessous de 40 mètres. Ce phénomène d'eutrophisation a commencé depuis plusieurs décennies et s'est accéléré après 1960. L'apparition de la jacinthe d'eau a également entraîné des mortalités massives de poissons.
Les poissons maintenus par les membres proviennent principalement des chercheurs et d’amateurs ayant effectués des voyages, en raison de l’absence d’exportateurs professionnels, à la différence des poissons des lacs Tanganyika et Malawi. Ceci rend donc la disponibilité des souches très limitée pour les aquariophiles les recherchant. En raison du « grand n’importe quoi » fait avec des hybridations et autres, la traçabilité est donc un point important du maintien et du suivi des espèces/populations maintenus par les membres d’Haplochromis. Le sérieux est donc une condition sine qua non malgré les contraintes que cela impose.
Les échanges de poissons se font en priorité au sein de l'association, les souches de catégorie 0 ne peuvent être diffusées qu'au sein de l'association, même si ces souches ont pu se retrouver dans le commerce via d'autres circuits (aquariophiles allemands notamment). Le statut de ces poissons et de leur propriété est défini par les membres.
Les priorités accordées et les catégories assignées à chaque espèce/population sont redéfinies régulièrement (les premières selon l'abondance des souches et les secondes selon les informations disponibles sur les souches). Au moins deux réunions par an ont lieu et c’est l’occasion de se rencontrer, d’approfondir nos connaissances, de partager nos expériences.
Des partenariats existent avec des institutions scientifiques dont des chercheurs qui parrainent nos actions (M. Stiassny (American Museum of Natural History, USA), J. Snoeks (Musée Royal de l’Afrique Centrale, Belgique), F. Witte (Université de Leiden, Pays-Bas). Nous avons essentiellement des contacts avec Étienne Bezault (Tilap, Portland, USA) et l'université de Leiden.
C’est pourquoi une large place est réservée aux données scientifiques. Enfin, des articles, conférences et expositions auprès du public sont réalisés afin de mieux faire comprendre les poissons qui sont l'objet de notre intérêt et de notre passion.
Ces poissons sont rares et peu connus. Répartis sur l'ensemble du continent africain mais aussi au Moyen-Orient, on compte, en dehors du lac Malawi, plus de 300 espèces dont la moitié dans le bassin du lac Victoria. Richement colorées puisqu'on y observe toute la palette de l’arc-en-ciel dans la coloration, ces espèces ont des comportements très intéressants.
L'Aquarium de la Porte Dorée (Paris), qui est le seul aquarium public français, présente toujours un aquarium dédié aux Haplochrominiens du lac Victoria et à l'association. Les poissons qui peuplent ce bac ont été fournis par l'association.
Maintenance des haplochrominiens
Les cichlidés haplochrominiens sont des poissons robustes dont la maintenance n'est pas difficile à condition de respecter quelques contraintes : un volume de bac suffisant qui satisfasse les besoins de chaque espèce, un décor adapté et un choix d'espèces approprié. Du fait des forts risques d'hybridation entre espèces, on ne doit mettre dans un même bac que des espèces présentant des patrons de coloration nettement distincts. De plus, certaines espèces sont très territoriales et l'aquariophile se doit de ne mélanger que des espèces qui peuvent sans dommage se tolérer dans l'espace - somme toute peu étendu - d'un aquarium. N'hésitez surtout pas à demander conseil aux membres de l'association pour constituer votre population, notre expérience collective dans l'élevage des cichlidés du Victoria vous sera d'une aide précieuse !
Ethique aquariophile
Un des objectifs de l'association est la conservation des espèces en danger et la plupart des espèces du Victoria le sont ! Nous veillons donc à mettre l'accent sur la qualité des souches d'une part (respect de la morphologie sauvage, absence d'hybridation) et sur les conditions de maintenance et d'élevage des espèces ou des souches menacées d'autre part. Nous avons établi une classification qui tient compte de notre connaissance de chaque souche maintenue, du degré de menace qui pèse sur l'espèce dans le milieu naturel et de leur qualité génétique (absence d'hybridation).
Cette classification comporte quatre catégories que voici :
- 1 Espèces et/ou populations clairement identifiées, en danger de disparition dans le milieu naturel car les populations sauvages sont fragiles du fait de faibles effectifs et/ou d'une aire de distribution restreinte. Diffusion privilégiée aux membres pour garantir le maintien et la reproduction de cette souche sans métissage ni hybridation.
- 2 Espèces et/ou populations clairement identifiées, courantes dans le milieu naturel et dont le lieu d'origine est parfaitement connu. Diffusion encouragée, en insistant sur la nécessité de maintenir cette souche sans risque de métissage ni d'hybridation.
- 3 Espèces clairement identifiées mais dont le lieu d'origine n'est pas parfaitement connu. Diffusion normale, en insistant sur la nécessité de maintenir cette espèce sans risque d'hybridation.
- 4 Espèces indéterminées ou ayant de grandes chances d'avoir été hybridées. Diffusion fortement déconseillée.
Face aux menaces qui pèsent sur les haplochrominiens, cette classification est un outil qui permet de mettre l'accent sur les souches les plus importantes pour le maintien captif - faute de mieux - de la biodiversité. En plus de notre plaisir d'aquariophile, nous sommes fiers de contribuer à la sauvegarde des espèces menacées avec nos partenaires. Ceci implique le respect de leur patrimoine génétique et l'éviction des hybrides. Les contrôleurs présents lors des bourses ont pour tâche de veiller à ce que les souches proposées soient conformes à ce que l'on connaît des populations naturelles. En élevant et en reproduisant ces souches, vous pouvez contribuer à la préservation de ces espèces menacées et limiter au minimum les prélèvements dans le milieu naturel ; c'est une responsabilité et une joie.
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Alcolapia alcalica , le poisson de l'extrême ( T°de 40°C et pH>à 10 )
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Il existe un poisson que certains cichlidophiles maintiennent, mais les écrits sont rares. Il s’agit de Gephyrochromis lawsi que j’ai la chance d’observer depuis 3 ans
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Interview de Philippe Hotton passionné des cichlidés du lac Malawi
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Interview : Antoine Seva de l'AFC et passionné des geophagus ( cichlidés d'Amérique )
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Interview de Benoît Jonas passionné des cichlidés du lac Tanganyika.
En 1991 avec la connaissance de Gilles Bourrier sur Oyonnax, début avec mes premiers cichlidés Malawi et Tanganyika. En 1993, nous décidons de monter une expédition sur le Burundi, sur place nous pêchons des Tropheus brabant, Julidochromis marlieri, etc. En 1994, je repars pour 2 mois au Burundi, avec l’aide de Jean-Luc Kesh qui m’apprend à plonger en bouteille, nous capturons de magnifique Frontosa par 30 mètres de fond avec un filet.
En 1995, je pars un mois, je capture des Conchilicole Brevis à Rumongu. Je traverse la frontière en direction du Zaïre, là se trouvent ces magnifiques Tropheus pemba, noir cerclé orange, des Julidochromis transcriptus et ornatus, Leuleupi orange. Le paradis pour les passionnés du hobby. Plusieurs voyages jusqu’en 1997 sur le Burundi.
Je fais deux expositions sur les cichlidés du Tanganyika, la première qui a ouvert ses portes pendant deux mois au centre culturel Français de Bujumbura au Burundi en 1996. La seconde au centre culturel Français à Kigali au Rwanda en 1997. En 2001, je décide de m’installer au Burundi et d’exporter les poissons exotiques vers la France. Le pays rentre dans un embargo avec ses voisins, pas de vol direct, ma mission échoue.
Je pars sur Mombasa pour me lancer dans le transport routier. En 2004 je m’installe en Ouganda, je conduis moi-même un de mes camions, travaille également en freelance pour une société civicon de 2007 à 2009. En 2010, je trouve enfin un travail stable dans le net Works à Kampala. Ce travail m’amène au bord des principaux lacs où vivent les Haplochromis.






le CLAM ( Club Languedocien d'Aquariophilie Marine )


Le lac Victoria, le retour des Haplochrominiens.













