La nécessité d'un nom d'espèce universel se justifie dans bien des domaines. En sciences expérimentales par exemple, lorsqu'une étude porte sur un animal ou une plante, il est indispensable de savoir sur quelle espèce a été réalisé le protocole afin que celui ci puisse être comparé.
Les laboratoires de biologie des populations ou les organismes internationaux comme le secrétariat de la CITES ont besoin de ce nom universel qui peut être compris de tous, et même l'aquariophile qui désire valider un certificat de capacité pour réaliser dans les règles l'élevage de son poisson favori se doit de mentionner son nom scientifique valide auprès des services vétérinaires lors des démarches administratives.
Par exemple, la simple définition de l'espèce évolue, à l'origine, la classification portait sur les créations divines, et donc immuable, les théories de l'évolution ont une première fois chamboulé ce système, plus récemment, l'idée fut de considérer que l'appartenance à deux écosystèmes distincts suffisaient à ségréguer des espèces. L'arrivée des techniques de génétique moléculaire dans les années 1980 a aussi chamboulé la classification. Jusque là seules les différences physiques et physiologiques pouvaient permettre de différencier des espèces, mais maintenant il est possible de comparer les patrimoines génétiques et donc de calculer des « distances » en terme d'évolution. On observe alors de nouvelles modifications de l'arbre phylogénétique.
Ces modifications de genre sont très régulièrement observée chez les poissons, ainsi il faut être un bon spécialiste pour ne pas s'y perdre avec les noms des loricaridés (indépendamment de la classification numérique). Chez les Killies, Aphyosemion deltaense est devenu un Fundolopanchax, le Trichogaster chuna a réintégré le genre Colisa, chez les cichlidés, le genre Cryptoheros n'existe plus, et il faut chercher ses membres du coté des Archocentrus après un passage chez les Cichlasoma. Chez les danios, rien ne va plus! Notre cher poisson zèbre, après près d'un siècle sous le genre Brachydanio a retrouvé son nom de jeune fille Danio rerio, et le très poétique nom du Celestichthys margaritatus (rasbora galaxy) est passé lui aussi à la trappe pour générer le fade nom de Danio margaritatus depuis 2007... Mais jusqu'à quand? (1)
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La classification dépend de la définition un peu floue du concept d'espèce, donc peut penser que n'importe qui pourrait publier ce qu'il veut, principalement dans un monde scientifique où la notoriété se mesure en nombre de publications. Mais par chance en sciences les revues et la concurrence des laboratoires jouent le rôle de garde-fou. Partout en sciences, sauf ici. En effet, cette science « à l'ancienne » a très mal vécu l'arrivée des sciences expérimentales, et n'a pas suffisamment bien intégré les progrès tels que la génétique moléculaire et les statistiques. Elle n'attire plus personnes, et seule une poignée de savants exercent encore dans ce domaine, donc vous pouvez publier ce que vous voulez, personne ne prendra la peine de vous contredire. Quant aux revues, elles sont bien souvent gérées par les auteurs des publications eux mêmes, ou leur proches (directeurs de thèse etc), et on est en droit de s'interroger sur leur impartialité.
Reste au commun des mortels à faire avec et à se tenir informé comme il le peut. On peut parier en tout cas que les nom vernaculaires ont encore de beaux jours devant eux.
(1) Il semblerait que le nom Danio margaritatus ne soit déjà plus valide.






le CLAM ( Club Languedocien d'Aquariophilie Marine )


Les noms d'espèce : comment ne pas y perdre notre latin?





