Salut à tous !
Voici pour les cichlidophiles du Tanganyika la brève relation de ma plongée préférée dans ce lac lors de mes trois ans de séjour au Burundi.
Autour de Bujumbura, la capitale, nous avions l'habitude de plonger dans un site superbe qui est en fait un village de pécheurs et qui est bien connu : Magara.
A +/- 40 km de la capitale, l'accès était aisé. Une plage de sable nous permettait de nous mettre à l'eau et là …
Dès les premiers mètres, on peut longer une » dalle «qui descend en pente douce jusque 55 mètres. Sue cette dalle, on peut admirer les Cyatopharynx furcifer qui ont creusé des trous dans le sable et qui paradent pour attirer les femelles qui rôdent en banc avec les plus jeunes.
Durant toute la descente, on peut voir des milliers de poissons. Selon les saisons, l'eau est plus ou moins limpide (20 mètres de visibilité). Elle est toujours à 26 ou 27 degrés. Son Ph est toujours vers le 9.
Le poisson le plus commun est le Neolamprologus brichardi.
On y voit aussi couramment des Tropheus moori, Lobochilotes labiatus, bancs énormes de Cyprichromis, Julidochomis marlieri et bien d'autres.
Les deux centres d'intérêts principaux de la plongée était, vers 35 mètres, une troupe de Synodontis multipunctatus et surtout LE BANC de Cyphotilapia frontosa ! Magnifique, j'en ai décroché un d'un morceau de filet où il s'était pris qui devait bien approcher les 40 cm, un vrai steak !
Ils étaient très farouches et plongeaient en profondeur dès notre approche.
De plus les pêcher au filet était très difficile et nous obligeait à les remonter très lentement ( 2/3 jours en bourriche) sinon, c'était l'accident de décompression assuré.
On les a donc très vite laissé tranquilles.
Cette dalle de pierre était excavée à 55 mètres et l'espèce de grotte ainsi formée nous laissait apercevoir de très gros silures ( Clarias ? ) de plus d'un mètre.
Bien entendu, nous ne nous éternisions pas à cette profondeur et remontions lentement en admirant d'autres poissons plus gros comme le «coué «, le plus gros cichlidé du lac ( Boulengerochromis microlepis ) qui surveillait en couple sa nichée dans un trou de sable. Ils nous attaquaient et nous n'insistions jamais.
On pouvait voir aussi des «silures électriques », Malapterurus electricus qui montrait leur tête. J'en ai d'ailleurs touché un par inadvertance et m'en souvient encore ! Imaginez recevoir une décharge électrique sous 15 mètres d'eau, très désagréable !
On pouvait aussi observer régulièrement des «anguilles « Mastacembellus qui mesuraient sans mentir leur mètre.
Nous possédions bien sûr tous des aquariums que nous remplissions d'eau du réseau qui est puisée dans le lac, donc pas besoin d'ajuster les paramètres.
Nous plongions également dans d'autres endroits mais la côte du Burundi est très sableuse et donc moins intéressante pour le plaisir des yeux.
Le plus beau restait toujours Magara et ses millions de poissons.
Si ça vous intéresse, j'ai fait d'autres excursions en RDC pour y pêcher le Julido ornatus, le Néolamprologus leleupi et le Tropheus duboisi ( inconnu au Burundi ).
Ce sera pour une autre fois.